yannick dacheville à la plage avec sa femme

Yannick Dacheville donne la liste des matériels de sécurité à bord d’un voilier

La navigation sur un voilier nécessite l’utilisation d’un un certain nombre de matériel pour assurer la sécurité de l’équipage et des passagers. Les différents équipements dépendent du type de bateau et de la zone de navigation. Le matériel à utiliser à bord d’un voilier est régi par la division 240. Cette division définit quatre types de navigations qui dépendent de l’éloignement de l’abri.

Un abri est défini comme un endroit de la côte où tout moyen de transport maritime peut s’arrêter, accoster et repartir en toute sécurité sans aucune assistance. Ce terme prend en compte les conditions météorologiques de la période et les caractéristiques du bateau.

Yannick Dacheville indique les différentes zones de navigation. Le basique va jusqu’à 2 milles d’un abri, le côtier 6 milles, le semi-hauturier varie entre 6 et 60 milles et l’hauturier va au delà de 60 milles.

Le chef de bord est la personne chargée de s’occuper du matériel de sécurité à bord d’un voilier. Il doit alors déterminer le type de navigation en se référant aux quatre principales zones énumérées ci-dessus et ainsi embarquer les équipements indispensables.

Yannick Dacheville parle de l’équipement individuel de flottabilité (EIF)

Yannick Dacheville nous explique que l’équipement individuel de flottabilité ou de flottaison est un matériel qui permet de ne pas aller au fond de l’eau lorsqu’il fait une chute. Ce dispositif permet de garder hors de l’eau et facilite le retour d’une personne qui a perdu conscience. Un EIF doit respecter trois principaux critères.

La protection

Il doit permettre de faire remonter un individu inconscient et le conserver dans une posture stable avec les voies respiratoires hors de l’eau.

Le repérage

Il doit aussi faciliter la localisation à tout moment (le jour et la nuit) d’une personne qui se trouve dans l’eau grâce à des lampes de détresse, des sifflets et des bandes réfléchissantes.

Le secours

Cette partie concerne les systèmes de prise. Ils doivent être très solides afin d’assurer le repêchage manuelle ou la montée mécanique qui se trouve dans l’eau.

Le niveau de performance de l’équipement est exprimé en newton. Le chef de bord doit s’assurer que le dispositif correspond à la morphologie de chaque passager et qu’il répond aux critères suivants :

  • 50 newtons (aide à la flottabilité)

Pour Yannick Dacheville, il est utilisé généralement en eaux calmes où les secours se trouvent à proximité car il assure uniquement la flottaison d’une personne consciente. Il sert pour une navigation jusqu’à 2 milles d’un abri.

  • 100 newtons (gilet de sauvetage)

On s’en sert pour une navigation jusqu’à 6 milles d’un abri. Son utilisation est conseillée dans les eaux calmes, protégées et dans les eaux intérieures. Il doit être porté uniquement par des personnes habillées de vêtements légers car il n’assure pas le retournement sur le dos d’un individu en habits lourds.

150 newtons (gilet de sauvetage)

On peut s’en servir dans toutes les eaux car il garantit le retournement sur le dos d’une personne inanimée.

275 newtons (gilet de sauvetage)

On l’utilise en haute mer quand les conditions sont extrêmes. A l’instar du précédent, il assure le retournement sur le dos d’une personne inconsciente.

La combinaison de protection peut remplacer l’EIF lorsqu’on la porte régulièrement. Son rôle est de protéger le torse et l’abdomen. Sa flottabilité doit être positive jusqu’à 2 milles d’un abri et de 50 newtons jusqu’à 6 milles. Ces matériels doivent être approuvés SOLAS ou marqués CE.

On distingue deux types d’équipements individuels de flottabilité, notamment les aides à la flottaison et les gilets de sauvetage. Le premier nécessite la natation ou divers mouvements de la part de l’utilisateur afin qu’il puisse mettre sa tête hors de l’eau. Le second assure une position de flottabilité sur le dos avec la tête hors de l’eau. On peut ajouter un harnais de sécurité ou une « corde de vie » à chacun de ces deux types d’équipement.

On distingue deux types de gilets de sauvetage, en l’occurrence gonflables ou à flottabilité permanente.

Le premier modèle est très léger et moins encombrant. Le gonflage peut se faire de façon manuelle grâce à un système de percussion, de manière automatique avec pastille ou avec système hydrostatique.

Les gilets doivent toujours correspondre à la taille de l’utilisateur (enfant ou adulte). Les types marins sont disponibles en couleur orange, rouge ou jaune. Ils sont équipés de systèmes rétro-réfléchissant, d’un sifflet et d’une lampe qui fonctionne grâce à l’eau de mer.

Qui est Yannick Dacheville ?

Les moyens de repérage lumineux

Les moyens de repérage lumineux sont recommandés pour tout voyage à bord d’un voilier. Cet équipement est indispensable parce que, lors d’une opération de secours et de sauvetage, les recherches prennent beaucoup de temps. Ce dispositif est donc un moyen de se rendre facilement visible lorsqu’on est détresse. La loi stipule qu’un moyen de repérage lumineux est obligatoire à partir de 2 milles d’un abri. Elle exige également que chacun des passagers à bord aient ce dispositif en leur possession.

On distingue différents types de dispositifs de repérage lumineux. Il est conseillé de se procurer ceux qui sont fiables, résistants et qui sont dotés d’une très grande autonomie. On peut citer en autres :

La lampe frontale

Ce dispositif est un des meilleurs équipements individuels car elle favorise un éclairage ponctuel. Il est conseillé de choisir un modèle étanche avec une bonne autonomie. Les produits proposés pour la plongée sont efficaces, mais ils ont une faible autonomie, notamment entre trois et quatre heures. Il est également recommandé de ne pas acheter les modèles car ils ne résistent qu’aux embruns.

La lampe flash

On découvre divers modèles dans cette catégorie. En effet, certains exemplaires sont fabriqués pour être accrochés sur un gilet de sauvetage, une veste ou une combinaison. Ils fonctionnent grâce à un bouton on/off ou s’allument automatiquement lorsqu’ils touchent l’eau salée. Le flash blanc dure 10 heures, mais il existe aussi des flashes de détresse muni d’une lampe xénon. La portée de ce modèle est de 3000 mètres et son autonomie de 15 heures.

La lampe torche certifiée étanche à l’immersion

Selon Yannick Dacheville, on découvre de nombreux modèles inadéquats dans cette catégorie. Il est donc conseillé de s’orienter vers les lampes certifiées étanche à l’immersion. On peut par exemple se procurer une lampe de plongée étanche à 60 mètres avec une autonomie de 8 heures. Elles sont équipées de LED et d’un interrupteur magnétique. On trouve aussi des lampes étanches à 100 mètres double emploi. Elles sont composées à la fois d’une torche et d’un flash de détresse.

Le cyalume

Ce bâtonnet en plastique d’environ 15 cm produit la lumière lorsqu’on casse la gélule en verre qu’il renferme. Cet équipement léger et peu encombrant a une autonomie de 12 heures. Il fonctionne sans pile et sa portée est forte ce qui permet de le voir durant la nuit. De nombreuses couleurs sont proposées sur le marché, mais le vert est le plus visible en mer.

Le VHF

Le VHF est un dispositif qui permet de communiquer à bord d’un bateau. Il est l’un des éléments les plus utilisés, car il est très efficace en cas d’assistance et de détresse. On s’en sert également pour informer les navigateurs sur les bulletins météorologiques et les avis urgents. Il est donc nécessaire pour les organismes afin de rester en contact avec des victimes au cours d’une opération de sauvetage.

Le signal d’un VHF est diffusé en ligne droite d’où le nom de la « portée optique ». Ce signal est très sensible aux obstacles et à la courbure de la terre. On distingue deux types de radio VHF, notamment le VHF fixe et le VHF portable. Certaines personnes font souvent un choix entre les deux, mais il est conseillé d’emporter les deux sur soi.

Le VHF fixe

La puissance de ce dispositif est de 25 watts. Sa portée est donc de 15 à 20 milles de bateau à bateau et 30 à 40 milles vers une station côtière. Les nouveaux modèles mis sur le marché sont dotés du système de sécurité ASN (Appel Sélectif Numérique). Ce système permet d’émettre et de recevoir des appels tout en choisissant leur nature. Le bouton d’activation est généralement couvert d’un capot de protection rouge et marqué DISTRESS.

Le VHF portable

Cet équipement est très utilisé en phase finale de sauvetage et d’abandon de navire en raison de sa mobilité et de son autonomie. Yannick Dacheville (voir ses publications ici) conseille de choisir ce dispositif avec la plus grande précaution.

Cet équipement permet de rentrer en contact avec une autre station radio de navire qui se trouve à proximité ou avec un centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. Sa portée varie entre 2 et 6 milles. Le chef de bord est la personne chargée de vérifier que cet équipement fonctionne parfaitement. Les experts recommandent d’opter pour un modèle étanche à l’immersion et équipé d’un GPS et de l’ASN.

Le VHF portable a l’avantage d’être transportable partout et à tout moment, il apparait donc comme un équipement de sécurité par excellence. On découvre des modèles livrés avec un support pour pile au cas où l’autonomie n’est pas bonne. Ce dispositif respecte les normes d’étanchéité d’aspersion (IPX4) et d’immersion (IPX8).

Les dispositifs de lutte contre les incendies

De multiples procédés permettent de se protéger des incendies, dont les plus indispensables sont les extincteurs (à eau, à poudre, à gaz ou à mousse).

Un extincteur doit être marqué CE ou « barre à roue », ce qui permet de définir rapidement les moyens de lutte (nombre, capacité, emplacement, agent extincteur) contre les incendies.

Les embarcations marquées CE utilisent des moyens de lutte définis par le fabricant (il définit aussi la durée de vie et la périodicité des extincteurs) qui se charge d’évaluer les risques d’incendie et de propagation du feu. Soit le bateau est muni d’équipements de lutte, soit l’emplacement et la capacité des équipements sont indiqués sur le navire et dans le manuel du propriétaire. Le matériel embarqué doit être à jour dans les visites d’entretien.

Yannick Dacheville parle aussi des embarcations « barre à roue » qui utilisent des moyens de lutte contre définis par la division 245 depuis le 1er Mai 2015.

Les extincteurs à eau (efficace pour les feux de classe A et B) contiennent des additifs émulseurs pour rendre l’eau plus efficace dans la lutte contre les flammes. Ils favorisent la formation d’une enveloppe étanche à la surface du produit en combustion, ce qui permet de l’isoler de l’air et stopper la propagation du feu. Faire attention à ne pas s’en mettre sur soi, car il est très désagréable. Ils doivent subir des inspections tous les ans, ainsi qu’un contrôle visuel tous les 6 mois.

Les extincteurs à poudre (utilisés pour les feux de classe C, mais aussi de classe A et B) contiennent des produits chimiques qui permettent d’étouffer les flammes en isolant le combustible. Ils sont les plus rapides, les plus efficaces contre les feux de gaz de grande intensité et les seuls appareils utilisables dans des conditions à température négative. Les extincteurs de classe D sont adaptés à chaque combustible ou à chaque type de métal.

Le seul inconvénient de la poudre est lorsqu’elle est mélangée à l’eau, elle s’introduit dans chaque recoin ou angle, ce qui peut entrainer une corrosion (dans les installations électriques par exemple). Les nuages de poudre qui en résulte diminue aussi la visibilité, alors attention aux yeux.

L’appareil ne doit pas trop être exposé à des vibrations (tel que dans les véhicules) pour ne pas provoquer de tassement avec la poudre, explique Yannick Dacheville sur Linkedin.

Les extincteurs à gaz (parfaits pour les feux de classe B et E) permettent d’étouffer le feu, grâce au gaz qu’il contient et en baissant de manière sévère le taux d’oxygène dans l’air. Il agit par refroidissement, car il est conservé sous pression à l’état liquide (à basse température).

Toute la surface occupée par les flammes doit être couvertes pour une meilleure efficacité du gaz (plus léger que l’air au delà de 179° C). L’extincteur à gaz est utilisé généralement pour les petits feux de gaz, de liquide ou de solide.

Les extincteurs à mousse (efficaces pour les feux de classe B ou A, lorsque la mousse est mélangée à l’eau) contiennent des éléments identiques à l’extincteur à eau. La mousse résulte de la réaction du déversement de vidange au niveau du diffuseur (qui envoie de l’air grâce à une entrée percée, ce qui entraîne la transformation en mousse).

La mousse est le seul élément, qui permet de vraiment éteindre les flammes sans risque de redémarrage de celles-ci. Elle isole les combustibles de l’air et retient les vapeurs inflammables.

Il est important de ne pas l’utiliser sur des installations électriques, car la mousse est un conducteur.